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Il
était une fois Biographie
Chantal Deguerre est née en Indochine le 10 juin 1942 dans une plantation d’hévéas à Sholen près de Saigon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville), d’un papa Vosgien et d’une maman originaire de Montbourgué (Hautes-Pyrénées). C’est le grand-père maternel de Chantal qui s’était installé en Indochine dans les années 20 en tant que médecin radiologue des colonies françaises. Il vivait avec sa femme à Dallate en pleine montagne cambodgienne. Durant
les quatre ans de sa vie asiatique, la petite Chantal vécue très
heureuse dans cette nature pleine de rencontres et de surprises. Dans sa
famille elle était entourée de ses deux chiens et de sa nourrice Assam
qui lui racontait les histoires et les légendes de son pays. Chantal
galopait dans les plaines, les champs d’hévéas, voguait sur les
jonques, se baladait dans sa petite calèche, rendait visite à ses
grands-parents... Bref une vie épanouie de petite fille. Malheureusement dès 1945 la guerre d’Indochine commença à faire rage et les Japonais envahirent peu à peu toute la région. Les colons français étaient bien sûr pourchassés et tués, Paris dû donc rapatrier tous ses ressortissants dès le début de l’année 1946. Chantal, après avoir échappé de peu à la mort, est obligée de quitter son pays natal tant aimé. Toute la famille traverse donc, sur des bateaux de fortune parfois, la Mer de Chine, le Golfe de Thaïlande puis rejoint la Méditerranée via le canal de Suez. Arrivée à Marseille, la famille rejoint Toulon puis enfin Paris au terme d’un voyage digne des plus belles épopées. C’est une seconde naissance pour Chantal (au point de donner quelquefois cette année 1946 comme sa véritable année de naissance, d’où les confusions nombreuses concernant son âge), en effet elle ne connaît pas du tout ce pays dont elle est pourtant une citoyenne. La France se remet petit à petit de six ans de guerre contre les Nazis. La vie à Paris est rude, froide et sale. Chantal n’a plus les immenses espaces pour courir sans fin dans la nature, de plus la vie est moins aisée financièrement. A
l’école Chantal est la plus petite de la classe mais c’est loin d’être
la moins agitée. Elle commence à aimer cette vie d’enfant écolière,
et puis la famille s’agrandit : à son frère, arrivé depuis déjà
quelque temps, suivront trois sœurs pour qui Chantal sera une seconde mère.
En effet à l’âge de douze ans Chantal doit s’occuper de la maison
car Colette, sa maman, tombe sérieusement malade. A peine a-t-elle quitté
le monde de l’enfance qu’elle y replonge par la force des choses au
milieu de son frère et de ses sœurs. Au long des années suivantes elle
continuera, même après le retour de sa maman, à jouer les grandes
copines en inventant des tas d’histoires inspirées des chefs d’œuvres
de Walt Disney tels que « Blanche
Neige « ou « Mary
Poppins » (modèle de la future chanteuse pour enfants).
Chantal arrive donc à l’âge adulte sans jamais avoir quitté le monde
des enfants. En 1962, à tout juste 20 ans, Chantal part en Angleterre pour étudier la langue de Shakespeare comme jeune fille au pair chez le Duc et la Duchesse de Bedford. Là-bas elle vit son premier amour en la personne de Gilles, le propre fils de ses nobles hôtes. Elle assiste régulièrement à de grands dîners où sont conviés les artistes en vogue de l'époque comme les Beatles. Chantal construit son avenir et projette de devenir journaliste bilingue.
La rencontre avec Jean-Jacques Debout En
1963, à son retour en France, elle participe à une soirée mondaine chez
Eddie Barclay accompagnée d’une amie. Installée sur un canapé rouge
elle scrute la salle et remarque parmi tous les invités un jeune homme
assis au piano et qui joue merveilleusement bien. Elle l’a remarqué car
c’est le seul qui porte un pull marin au lieu d’un costume. Celui-ci
croise le regard de Chantal, se lève et se dirige droit vers elle :
« Mademoiselle, lui dit-il, j’ai comme un flash, je suis à peu près
sûr qu’un jour on se mariera, on aura deux enfants, vous serez célèbre
vers trente ans et vous chanterez à l’opéra ! ». Chantal le
prend pour un fou, d’abord elle ne sait pas chanter et puis concernant
le mariage, elle n’est même par amoureuse de lui, et puis elle ne le
connaît pas. En effet ayant passé un an en Angleterre Chantal ne connaît
pas ce jeune homme et ne sait pas qu’il fait partie de la nouvelle génération
de chanteurs, son amie la renseigne et lui apprend qu’il s’appelle
Jean-Jacques Debout, qu’il a 23 ans et qu’il a chanté avec succès
« Les boutons Dorés ».
La soirée passe et Chantal s’aperçoit qu’elle a raté le dernier métro,
profitant alors de l’intérêt que semble lui porter ce jeune homme,
elle lui demande de la raccompagner chez elle. Jean-Jacques accepte (en
plus c’est sur son chemin) et c’est en tout bien tout honneur qu’ils
se quittent non sans que Chantal lui donne son n° de téléphone. Peu
après Chantal repart pour quatre mois en Angleterre et oublie peu à peu
de garçon et cette soirée assez spéciale. En
revenant en France au début de 1964, Chantal sort du métro et tombe nez
à nez avec... Jean-Jacques. Celui-ci se précipite sur elle, il n’a
cessé de penser à elle dont il est, on s’en doute déjà, secrètement
amoureux. Il doit ce rendre ce week-end ci au festival de la Rose d’Or
de la chanson française à Antibes Juan-les-pins où il chante « Nos
doigts se sont croisés », chanson qu’il a composée en
pensant à sa rencontre avec Chantal. Elle accepte de venir avec lui.
Jean-Jacques remporte le 1er prix avec Chantal qui
l’applaudit au premier rang. L’idylle est née. Jean-Jacques
est la star montante du moment, Jacques Brel est son ami, Patachou et
Charles Trenet font partie de son entourage. Jean-Jacques est même à
l’origine de la rencontre entre Johnny Hallyday et Sylvie Vartan.
Chantal, qui veut devenir journaliste, profite des fréquentations très
Show-biz de Jean-Jacques pour essayer de se faire une situation. Quand
elle rencontre Daniel Filipacchi, il lui propose d’être l’égérie de
son nouveau journal « Mademoiselle
âge tendre », il conseil aussi à Jean-Jacques de lui écrire
des chansons.
Chantal
hésite car elle n’est ni mannequin ni chanteuse, néanmoins elle
accepte et se rend aux séances photo avec de plus en plus de plaisir.
CHANTAL GOYA En
se promenant dans la rue, le couple croise un petit garçon. Jean-Jacques
lui demande son prénom « Bernard » répond celui-ci. Cette
rencontre donnera la première chanson de Chantal Goya : « C’est
bien Bernard ». Dans les deux années qui viennent Chantal
enchaîne les tubes yéyés, non seulement en France mais aussi au Japon
ou son disque « Une écharpe,
une rose » se classe 3ème du Top japonais juste
derrière Elvis Presley et les Rolling Stones.
JEAN-JACQUES
et CHANTAL Pour le couple c’est le temps des grandes rencontres, ils fréquentent les plus grandes stars de cette époque : Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, pour qui Jean-Jacques compose et écrit de belles chansons comme « Pour moi la vie va commencer » « Tous mes copains », « Dilindam » « Comme un garçon »..., mais aussi Carlos et Dalida. Jean-Jacques est aussi très ami depuis des années avec Marlène Dietrich, la grande dame apprécie beaucoup Chantal avec qui elle discute fréquemment. Barbara fait aussi partie des intimes comme Pascal Sevran, Richard Bohringer et Roger Dumas. En
1970 Jean-Jacques compose sa première comédie musicale « Double
V » destinée à sauver de la destruction le Théâtre du Châtelet
qui devait faire place à un parking. S’en est trop pour Jean-Jacques
qui tient sentimentalement à ce lieu où il a vu, étant jeune, Luis
Mariano et Tino Rossi dans des opérettes qui l’ont marqué.
Jean-Jacques est un grand musicien mais un piètre homme d’affaire et il
s’entoure mal pour ce projet. Le Théâtre est sauvé mais la pièce est
un échec, les comédies musicales n’attirent pas encore autant les
foules en France qu’aux Etats-Unis. Jean-Jacques est en avance sur son
temps et même si c’est flatteur pour son génie il le paye cher financièrement.
De
plus le Disco arrive en France et les chansons romantiques de Jean-Jacques
ne se vendent plus beaucoup. Et voilà apparaître les huissiers qui
saisissent tout le mobilier du couple. Ils décident alors d’aller
s’installer à Houdan dans une ferme peu confortable mais bien plus
tranquille que la vie parisienne. Malgré
tous ces déboires, la vie est saine et heureuse à la campagne,
Jean-Jacques a de faibles revenus mais ils sont suffisamment stables pour
permettre à toute la famille de vivre correctement. Jean-Paul et Clarisse
grandissent bien et Chantal est une merveilleuse maîtresse de maison
doublée d’une épouse attentive et compréhensive. Chantal a gardé des contacts avec le milieu et rechante même parfois comme ces deux duos avec Guy Mardel. Mais tout va changer dès 1972 grâce à sa persévérance, alors que Jean-Jacques va de plus en plus mal. Chantal le pousse a accepté de travailler avec Maritie et Gilbert Carpentier à leurs séries d’émissions télévisées pour lesquelles Jean-Jacques va composer des duos, des danses et des petites comédies musicales. C’est d’ailleurs en 1974 dans un « Numéro un » consacré à Sylvie Vartan et entièrement écrit par Jean-Jacques, que Chantal va revenir sur le devant de la scène. Brigitte Bardot s’étant décommandée il manque un rôle féminin dans la distribution, Chantal la remplace au pied levé et chante aux côtés de son amie : « Les petites filles modèles ». L’année suivante les Carpentier font encore appel à elle pour combler un trou de quatre minutes à la fin d’une émission consacrée à Carlos. Pour l’occasion Jean-Jacques lui compose « Adieu les jolis foulards ». Chantal habille elle-même ses propres enfants ainsi que ceux de son village et les emmène aux Buttes Chaumont pour entonner le célèbre refrain.
Chantal
et Jean-Jacques travaillent donc à leur premier album consacré aux
enfants. Et c’est durant cette période que Chantal est dérangée un
jour chez elle par des chasseurs du village venus se plaindre que des
enfants avaient dégonflé les pneus de leurs véhicules. Jean-Paul, alors
âgé de presque dix ans, avoue être le chef de la bande responsable des
ennuis des chasseurs. Il déclare qu’ils voulaient défendre les lapins
et que si ces derniers avaient des fusils à leur tour, les chasseurs ne
feraient pas les malins, et que si ça continue sa mère fera une chanson
contre eux et ce sera bien fait ! Il n’aura pas fallu plus d’un
quart d’heure à Jean-Jacques pour réconcilier tout le monde autour du
piano en improvisant les premières mesures de la chanson : « Un
Lapin ». Le disque est un triomphe plus impressionnant que
le premier : 2 millions de 45t vendus. Contactée
par Disney, Chantal est engagée comme l’égérie française de la firme
américaine ; tout d’abord en réhabilitant une musique de
Jean-Jacques oubliée au fond d’un tiroir. Cette chanson, initialement
prévue pour une émission des Carpentier, avait pour paroles originales :
« Dites-moi Harry ce que vous faites ici. Je mange du chewing-gum et
puis j’aime les filles... » et elles deviennent : « Je
connais un pays au ciel toujours bleu, fantastique et magique » et
mettent en scène le personnage vedette de Disney. Ce sera « Allons
chanter avec Mickey ».
Dans la foulée Jean-Jacques persuade Chantal de faire une reprise d’une
chanson folklorique des années 20 « Voulez-vous
danser Grand-Mère ». Bien vu ! Car cette chanson
remporte un tel succès qu’aujourd’hui beaucoup la considère à tord
comme une chanson originale de Chantal Goya.
MARIE-ROSE EST NÉE
Le
deuxième album sort en 1978 et confirme Chantal dans le rôle de la star
de Disney avec des titres comme « Riri,
Fifi, Loulou » ou encore « Eliot
le Dragon ». Sur le même album la chanson « La
poupée » remporte un grand succès au point d’en faire
une version en langue espagnole qui sortira de l’autre côté des Pyrénées
sur un album contenant également une version ibérique de « Un lapin ». « La
poupée » donnera l’idée à la société Mattel de sortir
en France une Barbie à l’effigie de Chantal. Ce jouet fait fureur pour
le Noël 1978 auprès des petites filles. Ce Noël est également
l’occasion pour les Carpentier de consacré enfin un « Numéro
un » à Chantal Goya. Il s’intitule « Au
Bonheur des enfants » et met en scène sur des musiques de
Jean-Jacques, entre autres Jean-Marc Thibaut et Thierry Le Luron aux côtés
de Chantal. L’année
suivante le troisième album bat les records des précédents, notamment
grâce à l’idée de Chantal de remettre au goût du jour une ancienne
vedette de la Bande Dessinée française presque oubliée : Bécassine.
Le génie de Jean-Jacques Debout faisant le reste « Bécassine »
sera sa cousine pour l’éternité. Chantal Chante également son premier
générique pour une série télévisée tirée de l’œuvre de la
Comtesse de Ségur : « Les
Malheurs de Sophie ». Tous ces personnages évoquent chez
Chantal des souvenirs d’enfance qu’elle aime faire partager.
En décembre 1979 Jean-Jacques met en scène tout ce petit monde dans un spectacle joué à l’Olympia à guichet fermé et, pour la première fois dans l’histoire de cette salle, en matinée. La Forêt Magique part également en tourné en province et en Belgique. Chantal Goya et Jean-Jacques Debout ont véritablement inventé la comédie musicale pour enfants comme leur a dit Bruno Coquatrix. En
1980 Chantal étoffe encore sa galerie de personnage avec l’apparition
dans le quatrième album de Guignol, la célèbre
marionnette lyonnaise. Cet album servira de base au nouveau spectacle qui
germe déjà dans l’esprit de Jean-Jacques. Pour la genèse de cette œuvre
toute la famille Debout se rend aux États-Unis où les comédies
musicales sont un très grand succès. Jean-Jacques s’imprègne de cette
organisation au millimètre, des magnifiques costumes et de ces grands décors.
La grande vedette du moment Julie Andrews sera un des modèles pour
Marie-Rose. Et c’est dans l’avion du retour que Jean-Jacques imagine
son Soulier Qui Vole.
En
parallèle Chantal sort un nouvel album où le monde de la BD est toujours
aussi présent avec la présence de Tintin et des Pieds Nickelés. Lors de
la tournée du Soulier Qui Vole en Belgique
Jean-Jacques et Chantal rencontre Hergé qui les autorise à inclure le
reporter belge et le Château de Moulinsart dans un prochain spectacle.
C’est inédit puisque jamais le Maître n’avait accordé cette faveur
à quiconque auparavant. Outre
l’album et le spectacle Chantal triomphe avec les génériques de
« Bouba » et des
« Misérables »,
alors que Jean-Jacques écrit le générique de « Capitaine Flam », dessin animé programmé sur TF1 pour
concurrencer le succès
fulgurant de « Goldorak »
sur Antenne 2. En
1982 c’est en travaillant sur le sixième album que germe la nouvelle
comédie musicale, La Planète
Merveilleuse sera un spectacle plus féerique et aboutit que le
Soulier, même s’il sera plus intimiste. Les danses et les ballets sont
somptueux et Marie-Rose évolue entre Tintin, Le Chat Botté et Pierrot.
Les sublimes costumes et les décors très réalistes impressionnent le
public. Ce spectacle attirera 1,3 millions de spectateurs en deux ans, les
guichets de la France entière ont du mal à faire face à la demande. La
"Goyamania" bat son plein.
Chantal
enchaîne aussi les tubes tirés de son 7ème album comme
« Babar »
ou « Mon
Pinocchio » ou encore avec le générique des « Quatre
filles du Dr March » pour Canal +. En 1984, dans le secret, la plus grande comédie musicale pour enfants est entrain de naître. Les chansons s’enchaînent et le spectacle prend forme peu à peu. Le travail est dur et long pour Jean-Jacques et ses acolytes Roger Ragoy, Roger Dumas et Jean-Daniel Mercier, mais le résultat sera ahurissant. Cette
même année l’album « Snoopy »
bat tous les records de vente : 1,3 millions d’exemplaires (disque
de diamant et de platine), les 45 t issus de ce 8ème album
s’écoulent à plus de 1,5 millions d’exemplaires : PHARAMINEUX ! ! ! ! ! ! A l’approche d’octobre
1984 le nouveau spectacle est enfin prêt et Le
Mystérieux Voyage de Marie-Rose peut faire rêver les 1,5 millions de
spectateurs en tout, qui auront eu la chance d’y assister.
Le secret ? Un budget presque
illimité grâce à leur producteur Roland Hubert, des costumes fabuleux
provenant de l’Opéra de Paris, 40 danseurs, 20 enfants, 6 décors
gigantesques, plus de deux heures de spectacle, en tout pas moins de 180
personnes dans la machinerie. Et tout ceci pour 90 F en moyenne la place !
La rentabilité n’est pas le souci de Jean-Jacques et Chantal, les
spectacles sont tout justes rentables et le moindre bénéfice réalisé
est automatiquement réinvestit dans le prochain spectacle ou dans
d’autres projets réservés aux enfants : un journal consacré à
Marie-Rose, une boutique de vêtements Rue du Cherche Midi à Paris, des
puzzles, des livres d’histoires, des cartables, des trousses, des
couettes... toujours à l’effigie du monde féerique de Chantal Goya. En 1985 l’album « Félix
le chat » contient une surprise puisque Chantal offre à
son public une chanson écrite et composée par elle. C’est un « Alphabet
en chantant » pour que les enfants sachent très tôt par cœur
cet exercice qui est la base de la langue française. Cette chanson est née
à la demande d’une institutrice amie de Chantal qui, constatant la
facilité qu’avait les enfants à apprendre ses chansons, était persuadée
que ce serait un bon moyen de leur faire rentrer l’alphabet en tête. Et
ça marche ! On croise des bouts de choux de 3 ans connaissant par cœur
cet exercice d’habitude réservé à leurs aînés de 6 ans.
Le contrat moral entre Chantal et les producteurs du jeu n’a pas été respecté : le standard téléphonique mis en place au Palais des sports, aux frais de Chantal, n’a jamais sonné et les appels parvenant à Lyon étaient filtrés et choisis par la production à Paris. Tout ceci sentait la machination à plein nez et la terrible prédiction de Jean-Jacques : « Refuse d’y aller, sinon le lendemain Chantal Goya n’existera plus ! » s’est avérée malheureusement vraie. Dire que Jean-Jacques avait refusé plusieurs fois cette émission et avait finalement cédé sous la pression des producteurs, du présentateur, de la maison de disque et de Chantal elle-même qui croyait en cette émission. La tournée continue quand même mais se terminera trop tôt devant des salles trop peu garnies. Les rumeurs qui ont suivi cette émission ont fait beaucoup de mal également (et on ne remerciera pas Le Figaro notamment, pour les bêtises écrites et répétées) : il n’y a jamais eu des vagues d’annulations de places, les parents ne sont jamais allés casser les disques de Chantal dans les bacs des magasins afin que leurs enfants ne soient pas tentés, et enfin jamais Chantal n’a été en dépression nerveuse. Tous ceux qui avaient le moindre grief contre Chantal Goya se sont régalés de cette affaire en se déchaînant contre elle et Jean-Jacques. Sitôt après cette mésaventure Chantal décide immédiatement de ne plus
faire aucune télévision et de se consacrer entièrement à son mari qui
déprime sérieusement : « Ma
carrière c’est une chose, mais mon mari c’est toute ma vie »
déclare-t-elle pour expliquer sa quasi-disparition. Elle ne reviendra à la télé
qu’en mars 1986 sur l’invitation d’Yves Mourousi et de Marie-Laure
Augry au journal de 13 heures de TF1. C’est très émue et au bord des
larmes qu’elle tente d’expliquer au public son comportement, elle
vient en même temps présenter son nouveau clip « Les Champignoux ». La blessure et profonde et la
cicatrisation sera difficile.
Chantal, elle, résiste cette
année 1987 grâce à un très bon album « Poupée de Chine » et en
1988 grâce à une très belle émission télévisée hebdomadaire sur
Antenne 2 intitulée « Le
Monde Magique ». Elle participe également à « Champs-Élysées »,
« Dimanche Martin »
et au « Club Dorothée »... En 1989 Jean-Jacques refait
enfin surface en écrivant un nouveau spectacle joué au Palais des Congrès :
« L’Étrange
Histoire du Château Hanté ».
Cette très belle histoire, se déroulant dans L’Oural, séduit le
public mais les moyens sont réduits au strict minimum. Chantal et
Jean-Jacques sont même obligé de vendre leur Château pour réunir les
10 millions de francs nécessaires pour monter le spectacle.
L’année suivante Chantal
change de style et sort un album moderne et au son créole : « Rythme
& Couleur », mais s’est un terrible échec qui
sonne le glas des années Goya. Plus aucun producteur ne croit au concept.
Jean-Jacques se sépare de son équipe avec qui il vient de passer 10 ans
de bonheur intense. C’est un déchirement pour Chantal mais son éternel
optimisme ne la quitte pas et c’est toujours avec plaisir qu’on la
revoit dans « Sacrée Soirée »,
« La chance aux chansons »
et dans « L’école des fans ». Chantal est délaissée en
France mais elle est réclamée dans les DOM / TOM et à l’étranger,
alors elle part deux ans loin et fait un triomphe avec des medleys de ses
plus grands tubes. Elle est même le premier artiste au monde à aller
chanter au Liban au lendemain de la fin de la guerre, c’est un très
grand succès puisqu’en 10 jours 30 000 personnes assistent à ses
concerts. En 1993 Chantal revient dans
son cher Palais des Congrès (où elle détient,
toujours aujourd’hui, le record absolu d’entrées) grâce au groupe AB
producteur de Dorothée. En décembre 1994 elle y reprend le Soulier
Qui Vole avec toujours autant de ferveur mais ce spectacle n’a rien
à voir avec celui du début des années 80, notamment du point de vu des
moyens mis en place. En 1997 Chantal sort enfin un
nouvel album qui servira de base à un tout nouveau spectacle : « Le
Grenier aux Trésors ». Ce spectacle, toujours 100 %
Jean-Jacques Debout, sera joué au Casino de Paris puis au Théâtre de
l’Empire en 1998. Il regorge de bonnes surprises comme les chansons :
« La cuisinière infernale »
ou « Dans la forêt de Brocéliande ».
Décidément Jean-Jacques a toujours autant de génie. Depuis, Chantal s’est
produite successivement au Bataclan (en 1999 et 2000), en Belgique et en
province mais seulement avec des medleys de ses chansons. Elle est même
devenue la star des boîtes de nuit branchées avec des remixes de ses
plus grands tubes. La génération Goya a aujourd’hui 25 ans et lui
prouve que personne ne l’a oubliée. En 2001 le cinéma la
rappelle dans « Absolument
Fabuleux » de Gabriel Aghion où elle joue une parodie
d’elle-même relookée par Josiane Balasko et Nathalie Baye via
Jean-Paul Gaultier en chantant « Becassine
is my cousine » remixé par Robert Goldman (le frère de
Jean-Jacques Goldman). Le disque s’est vendu à 110 000 exemplaires, ce
succès a permis en 2002 la sortie d’un album de ses plus grands tubes
remixés par les DJ en vogue.
En
35 ans de carrière dont plus de 25 consacrés aux enfants, elle a vendu
plus de 31 millions de disques et réuni près de 5 millions de
spectateurs ! Jamais aucune autre chanteuse pour enfants au monde
n’a eu un tel succès (cela représente quand même près de 3 fois les
ventes de disque de Dorothée !). Barbara
lui a dit un jour de 1982 qu’elle deviendrait une institution !
Serait-elle entrain d’avoir raison ? FIN
Lionel Mozart
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