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Articles de presse
CHANTAL GOYA "Je n'ai jamais quitté le monde de l'enfance"
Paru dans Télé Star en décembre 1999
Elle sera sur la scène du bataclan du 11 décembre au 2 janvier pour y interpréter ses plus belles chansons. L'occasion de faire revivre aux enfants de l'an 2000 "Le monde merveilleux de Chantal Goya".
Pour la première fois, vous vous produisez sur scène sans que votre époux Jean-Jacques Debout n'intervienne ? - Effectivement, car depuis cette année j'ai un nouveau producteur. Jean-Jacques m'a laissé carte blanche pour "Le monde merveilleux de Chantal Goya", préférant d'ores et déjà se consacrer à l'écriture de mon prochain spectacle. Cela reste cependant son oeuvre puisqu'il est l'auteur et le compositeur de toutes mes chansons, ainsi que le créateur de tous mes spectacles. Sans lui, je n'aurais jamais fait ce chemin. C'est mon pygmalion.
Depuis vos début, vous cultivez le même look, vous continuez à véhiculer l'image d'une gamine, n'est ce pas gênant à 54 ans ? - L'image qu'on a de moi est celle du personnage que j'incarne sur scène. Comme tout le monde je vieillis, je prends des rides. Vous savez, j'ai changé de coiffure mais je reviens toujours à mon carré et à ma frange car c'est ce qui me va le mieux. J'adorerais changer de tête.
Votre propriété de Fourqueux, l'ex-maison de Victor Hugo au cœur des Yvelines, vient d'être vendu aux enchères. Comment le vivez-vous ? - C'est dur, mais je vais tout faire pour la récupérer. Je peux heureusement encore me défendre. Cette demeure représente tant pour notre famille. D'abord parce qu'en l'achetant Jean-Jacques a réalisé un rêve. Petit garçon, il s'était juré d'y vivre adulte. Et puis, parce que nous y vivons avec mon fils et ma belle-fille qui va donner naissance à un troisième enfant en mars.
Où trouvez-vous la force de vous battre ? - Vous savez, tant qu'on a la santé, hein... Souvent, je repense à ma grand-mère décédée en avril dernier, à la veille de ses 100 ans. Elle me disait, lorsque je lui faisais part de nos soucis financiers - les huissiers viennent chez nous depuis le début de notre mariage ! - "Chantal, la vie t'a trop gâtée pour que tu te plaignes."
D'où vient votre passion pour les enfants ? - Je n'ai jamais quitté l'univers de l'enfance. A 12 ans, j'ai dû m'occuper de mes quatre frères et sœurs quand maman est tombée malade. Lorsque je suis partie de la maison en 1966, pour me marier, ma dernière sœur n'avait que 4 ans. L'année d'après j'accouchais de Jean-Paul et trois ans plus tard de Clarisse.
L'année dernière, vous souhaitiez revoir le Vietnam, votre pays natal. Y êtes-vous retournée ? - Non malheureusement, mais je ne désespère pas d'y aller. J'ai quitté ce pays lorsque j'avais 4 ans. Il me reste des images fortes comme celle du jour où les Japonais sont venus à la maison pour nous massacrer. Je me souviens être sorti de ma cachette pour leur demander de refaire le lacet de ma chaussure. Attendris, ils sont repartis sans nous faire de mal. Je garde du Vietnam le goût de la sagesse et de la philosophie.
Pour "Les enfants de la télé", vous avez voulu revoir les images de votre tristement célèbre prestation du "Jeu de la Vérité", il y a quinze ans. Pourquoi relancer la polémique ? - Pour exorciser et relativiser. D'ailleurs, Bigard, Jean Yanne, Karl Zero et Josiane Balasko, invités de l'émission se sont accordés pour dire que j'étais tombée dans un piège.
Voulez-vous insinuer que l'on a voulu briser votre carrière ? Ca y ressemble en effet. Il faut savoir que selon les accords qui me liaient à Patrick Sabatier, seuls les enfants devaient me poser des questions. Au lieu de ça, ce sont des adultes qui m'ont interrogée et insultée. Je me suis énervée, j'ai craqué.
Interview : Nadia Le Brun Photos : Bruno Bachelet TÉLÉ STAR 1999
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