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"CHANTAL GOYA

et son château pour les enfants"

 

 

 

 

Paru dans Télé Star en décembre 1987

 

 

Chantal Goya et Jean-Jacques Debout viennent d'acheter leur deuxième château. Cette fois ce n'est pas pour mener la grande vie mais pour le dédier aux enfants, pour y faire vivre le Monde Magique qu'ils créent sur scène. Une sorte de "Goyaland", même si Chantal n'aime pas ce mot.

 

 

"Tout va très bien Madame la Marquise !"

 

 

Par Françoise Mobihan

 

C'est Bécassine sa cousine, qui va être contente. Chantal Goya vient de s'acheter un beau château. Le Deuxième. L'autre, Bussières, n'était déjà pas vilain : 40 hectares en Touraine, un petit nid d'amour qu'elle restaure patiemment, depuis 7 ans avec Jean-Jacques Debout, son mari. Mais Chantal voit grand. Et ses rêves, là-bas, se cognaient un peu aux portes.

Elle cherchait autre chose : "Le château de la Belle au Bois Dormant, un vrai château enchanté qui plaise à tous les enfants." Elle vient de le trouver, il y a quelques semaines, dans un petit coins des Deux-Sèvres, Saint-Loup-sur-Thouet. Deux châteaux en un : le principal, du XVIIe, ressemble comme un frère à Moulinsart, la propriété du capitaine Haddock.

 

L'autre, en face, avec sa grande tour carrée, date du XIVe; On dit que Jean Le Bon, jadis, y passa une triste nuit, derrière de solides barreaux. Tout ça est entouré de douves comme on n'en fait plus et 25 hectares avec parc, ferme et orangeries. Sans compter les ancêtres à panache ; après les Dercé, au XVe siècle, le château passe à Gouffier (compte de Caravas, alias, dit la légende, le "marquis de Carabas" de Charles Perrault, puis aux Lepage, Boyer, Le Haran de Bordas, d'Abbadie et enfin en 1894 au Marquis de Maussabré. Lignée sans descendance : la dernière du nom, comtesse et sacré caractère, lègue le château, avant de mourir, à la ligue contre le cancer. Qui ne sachant trop qu'en faire, le met en vente. Seuls acquéreurs aux enchères : Monsieur et Madame Debout... Mise à prix : 6 800 000 francs. Adjugé a 50 000 francs de plus. Bonne affaire ? Difficile de dire, selon l'ancien notaire du village. Evidemment, le lot comprend un mobilier (chaises Louis XV, coffres japonais, cabinet au bois d'ébène, tapisseries d'Aubusson...) estimé a 4 millions de francs (d'où une présence quasi-permanente de la gendarmerie sur les lieux); mais la toiture est en mauvais état, et les immenses pièces à poutres peintes sont inchauffables.

 

Pas grave : Chantal Goya ne compte pas s'installer dans le lit de la comtesse. Ses projets sont d'une autre nature : "je veux mettre cet endroit à la disposition de tous les enfants de la région. Installer une grande scène dans le jardin pour les spectacles que je monterai tous les week-ends de juin, juillet, août et septembre prochains. De grandes fééries avec tous mes personnages. De quoi faire revivre les décors de mes spectacles, qui remplissent inutilement les greniers de Bussières. A Saint-Loup on apportera le soulier qui vole, le manège, le carrosse escargot, et un petit train qui se promènera dans tout le parc. C'est là aussi qu'on tournera l'hiver prochain le feuilleton télé que je prépare. Tout ça va changer la vie économique de la région. Les habitants sont ravis."

 

 

 

"Laisser une trace quelque part..."

 

Vérification faite sur place, l'humeur du village est plutôt au "wait and see". Quelle allure aura donc ce "Goyaland" ? "Goyaland ! quelle horreur ! proteste Chantal. Restons français. Moi, c'est justement le patrimoine de notre pays qui m'intéresse. L'histoire de tous ces gens qui ont vécu avant nous, et ces lieux qu'ils ont habités. C'est ça que je veux montrer aux enfants, tout en les faisant rêver. L'argent ? Il servira a la restauration du château. Et mon but sera atteint: j'aurai laissé une trace de moi, quelque part, en France."

 

Coïncidence ? le château de Bussières, en Touraine appartenait aussi aux Maussabré. Et l'appartement de l'Île Saint-Louis, déniché il y a 4 mois, vient de la même famille, via une autre branche, celle des Gontaut-Biron. Mégalomaniaque cette boulimie de châteaux ? : "Quand on n'a pas été élevé dans le luxe, comme Jean-Jacques et moi, on aime les belles choses. Et puis j'aurais aimé vivre à cette époque là. Quelque chose me dit que je l'ai bien connue, dans une vie antérieure."

 

En attendant, le business continue. Une tournée en Chine au printemps, et le Palais des Congrès à la rentrée : tout va très bien, Madame la marquise...

 

 

 

Françoise Mabihan

Photos : Seguin

TELESTAR 1987

 

 

 

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